
La Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG), institution stratégique du pays, traverse une crise sans précédent sous la gouvernance actuelle. Suppressions d’avantages sociaux, primes coupées, 13e mois impayé : autant de mesures qui suscitent colère et incompréhension au sein du personnel. Cette situation inédite soulève des interrogations sur la gestion du gouverneur en place et les conséquences de sa politique sur le bon fonctionnement de l’institution.
Des avantages supprimés, un personnel sacrifié
Autrefois considérée comme l’un des employeurs les plus stables et attractifs du pays, la BCRG semble aujourd’hui méconnaissable. Selon plusieurs sources internes, les dotations en lait et en savon, qui faisaient partie des acquis sociaux des employés, ont été brutalement supprimées.
« C’est incompréhensible. Ces avantages n’étaient pas un luxe, mais une tradition qui permettait d’améliorer notre cadre de vie », confie un agent sous anonymat.
En plus de ces suppressions, les primes versées aux employés ont également été coupées, plongeant de nombreuses familles dans l’incertitude financière.
Un 13e mois toujours en attente
Si les suppressions d’avantages ont provoqué une vague de mécontentement, le non-paiement du 13e mois, pourtant habituellement versé en fin d’année, a mis le feu aux poudres.
« Chaque année, nous recevions notre 13e mois sans problème. Aujourd’hui, nous sommes en février et toujours rien. Aucune explication, aucun communiqué, juste du silence », s’indigne un cadre de la BCRG.
Cette situation, inédite dans l’histoire récente de la Banque Centrale, alimente les tensions et accentue la perte de confiance des employés envers leur direction.
Une institution en perte de prestige
Autrefois symbole de rigueur et de stabilité financière, la BCRG semble désormais en déclin. Selon plusieurs employés, le climat de travail s’est fortement détérioré depuis l’arrivée du nouveau gouverneur.
« Ce n’est plus la même Banque Centrale. L’environnement de travail s’est dégradé, le dialogue avec la direction est inexistant, et nous avons l’impression d’être laissés pour compte », déplore un employé.
L’impact de cette gestion controversée ne se limite pas aux employés. De nombreux experts s’inquiètent des répercussions possibles sur l’efficacité et la crédibilité de la BCRG dans la gestion des politiques monétaires et financières du pays.
Vers une crise institutionnelle ?
Si aucune mesure n’est prise pour rectifier la situation, la crise sociale qui secoue la BCRG pourrait rapidement se transformer en une crise institutionnelle. La frustration grandissante des employés pourrait entraîner des mouvements de protestation, voire un ralentissement du travail, avec des conséquences directes sur le secteur financier guinéen.
Le gouverneur de la BCRG pourra-t-il redresser la situation avant qu’il ne soit trop tard ? Les employés, eux, restent dans l’attente d’un signal fort, espérant une prise de conscience des autorités pour restaurer la dignité et l’efficacité de cette grande institution nationale.
Par Bangoura Ousmane






