
L’ancien ministre Mansa Moussa Sidibé, ainsi qu’Ousmane Kaba, Boubacar Barry, Moussa Condé, alias Tata Vieux, et la société China National Fisheries Corporation (CNFC), sont poursuivis devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF). Ils font face à des accusations portées par la société Bankina Pêche pour faux et usage de faux en écriture publique et abus de confiance. Ces accusations concernent une prétendue falsification de la licence de pêche de Bankina Pêche en 1997.
Ce lundi 17 février 2025, le dossier a été de nouveau évoqué devant la chambre de jugement. Mansa Moussa Sidibé, ancien ministre de la Pêche, a comparu après Dr Ousmane Kaba. Né en juin 1946 à Boké et inspecteur général du travail à l’époque des faits, il a rejeté en bloc les accusations portées contre lui.
Interrogé sur la convention mise en cause, Mansa Moussa Sidibé a affirmé :
« La convention-cadre entre la République de Guinée et la République populaire de Chine, à travers la société China National Fisheries Corporation, a été signée en 1997. À mon arrivée au ministère de la Pêche en 1999, je n’ai vu ni cette convention ni celle liant Bankina Pêche à l’État guinéen. À l’époque des faits, j’étais inspecteur général du travail. »
L’ancien ministre a également assuré n’avoir jamais eu d’entretien particulier avec Bankina Pêche, la société plaignante, et n’avoir participé ni à la signature ni à l’élaboration de conventions entre la Guinée et la Chine.
Une compensation de 3 millions de dollars en question
Selon Bankina Pêche, une redevance de 3 millions de dollars lui aurait été versée en compensation après l’expropriation de sa licence de pêche au profit de l’accord-cadre sino-guinéen. Lors de l’audience, Me Teninké Touré, avocate de la partie civile, a présenté la licence de pêche de sa cliente aux parties. Mansa Moussa Sidibé a reconnu sa signature sur le document, bien qu’il ait précisé n’avoir pas participé à l’accord dénoncé.
Un échange tendu s’est ensuivi entre l’avocate de la partie civile et les avocats de la défense concernant des pages illisibles accompagnant la licence. La Cour a dû suspendre brièvement l’audience pour ramener le calme.
La défense réfute les accusations
Lors de la reprise, les avocats de la défense ont interrogé Mansa Moussa Sidibé sur les faits reprochés. Ce dernier a déclaré qu’aucun document incriminé ne lui avait été présenté comme preuve de faux et usage de faux en écriture publique. Concernant l’accusation d’abus de confiance, il a affirmé n’avoir jamais reçu de fonds de Bankina Pêche qu’il aurait détournés à d’autres fins.
Les débats se poursuivent devant la CRIEF.
Par M.Diallo






