CONAKRY – Ce samedi 17 janvier 2026, la Guinée tourne une page décisive de son histoire politique. Au stade Général Lansana Conté de Nongo, le Général Mamadi Doumbouya prête serment comme Président élu, consacrant l’aboutissement de la transition et l’avènement officiel de la Cinquième République. Un moment de rupture, de reconnaissance et de repositionnement stratégique sur l’échiquier régional et international.
À la veille de l’événement, Conakry s’est transformée en capitale diplomatique, accueillant un afflux inédit de chefs d’État, de hauts responsables et d’émissaires spéciaux venus témoigner de la reconnaissance internationale du processus guinéen.
Parmi les présences les plus attendues, celle du Président gabonais Brice Clotaire Oligui N’Guéma, arrivé ce vendredi 16 janvier. Une visite hautement symbolique, inscrite dans une réciprocité historique : en mai 2025, Mamadi Doumbouya avait pris part à son investiture à Libreville. Aujourd’hui, l’axe Conakry–Libreville s’affirme comme un pilier du renouveau panafricain, fondé sur la souveraineté, la réforme et la stabilité.
La France, partenaire historique, a dépêché une ministre déléguée pour représenter l’État français à cette cérémonie solennelle. Cette présence s’inscrit dans la continuité des félicitations adressées début janvier par le président Emmanuel Macron, qui avait salué une « étape clé pour la stabilité de la sous-région ».
Au-delà de l’Europe, la Chine marque également son intérêt stratégique : le Vice-Premier ministre chinois, émissaire spécial du président Xi Jinping, est annoncé à Conakry, confirmant l’importance géopolitique de la Guinée, notamment autour des grands projets structurants tels que Simandou.
Autre moment fort de cette mobilisation diplomatique : l’arrivée, dans la soirée du vendredi 16 janvier, du Président rwandais Paul Kagame. À sa descente d’avion à l’aéroport international Ahmed Sékou Touré, il a été accueilli par le Premier ministre, Amadou Oury Bah. Une présence lourde de sens, tant le Rwanda incarne aujourd’hui un modèle de gouvernance et de transformation institutionnelle en Afrique.
Depuis les premières heures de la journée, l’aéroport de Conakry a vu défiler un impressionnant cortège de délégations officielles, parmi lesquelles :
– Adama Barrow, Président de la Gambie
– Mahmoud Ali Youssouf, Président de la Commission de l’Union africaine
– Teodoro Nguema Obiang Mangue, Vice-président de la Guinée équatoriale
– Olushagun Bakari, Ministre béninois des Affaires étrangères, représentant le président Patrice Talon
– Ibrahima Mhoumadi Sidi, Premier ministre de l’Union des Comores
– Hadja Memounatou Ibrahima, Présidente du Parlement de la CEDEAO
– Sidi Ould Tah, Directeur général de la BADEA
– Professeur Komi Sélom Klassou, Président de l’Assemblée nationale du Togo
Une mobilisation qui dépasse le simple protocole et traduit l’enjeu stratégique majeur de cette investiture pour la stabilité régionale.
Au-delà du faste et du cérémonial, la journée du 17 janvier 2026 est perçue comme un acte fondateur. Elle symbolise la fin de l’incertitude politique et l’ouverture d’un nouveau cycle institutionnel, sous le sceau de la légitimité populaire et de la reconnaissance internationale.
À Conakry, ce samedi, la Guinée ne célèbre pas seulement un président.
Elle affirme une ambition.
Elle revendique une souveraineté.
Et elle s’impose, à nouveau, comme un acteur central de l’Afrique en mouvement.
Par Ousmane BANGOURA






